Le fort du Télégraphe

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Le Fort

La visite s’est déroulée le dimanche 10 juillet par un temps maussade (crachin, nuages et timides éclaircies). Il s’agissait d’une visite dans le cadre d’une journée du patrimoine Valloirin.

Le fort du Télégraphe se trouve sur un éperon rocheux qui surplombe la Vallée de l’Arc de 800m. Il est accessible uniquement par le côté Sud par une route de près d’un kilomètre qui part du col du Télégraphe. Il est donc facile à défendre d’éventuels ennemis. Sur la route d’accès, on peut voir les carrières d’où ils ont extrait les pierres pour construire le fort.

Je tente ici de retranscrire le plus fidèlement possible les commentaires éclairés de notre guide, Jacky Martin.

Son histoire
Le nom du fort vient de l’époque de la révolution française où tout un réseau de tours de relais pour le télégraphe de Chappe (signaux visuels) avait été constitué.

Lors du premier Empire, il ne fallait que 12 minutes pour envoyer un message de Turin à Paris :  impressionnant !!! Surtout quand on imagine le temps qu’il fallait à cheval pour porter la moindre nouvelle.

Le fort a été construit au 19ème siècle, après le rattachement de la Savoie à la France. En effet, à un système de défense sur les crêtes frontières, l’état-major de l’époque a préféré un système de forteresses échelonnées dans les vallées. Dans la Maurienne, il s’agit notamment des forts de l’Esseillon à Aussois, du fort St-Gobain à Modane et donc du fort du Télégraphe.

5 canons étaient disposés au sommet du fort. Ce sommet est recouvert par au moins 4 mètres de terre pour amortir les obus ennemis puisqu’il se trouve des pièces profondément en dessous.

Le fort a servi en mai 1940 quand les Italiens sont passés par la vallée étroite en voulant prendre à revers les positions de la Haute-Maurienne par une percée dans la vallée de Neuvache, mais les français veillaient. 3 jours après le début des combats, le cessez-le-feu avait lieu, la défaite de la France, les Italiens occupèrent brièvement le fort avant la constitution de la zone libre.

En 44, le maquis était particulièrement actif pour retarder et gêner la retraite allemande. Son action a été si significative que les Allemands retirèrent des troupes de l’ancien Afrika korps d’Italie. Ils utilisaient également des otages installés sur les trains pour éviter les attentats.

A cette époque, 4 résistants ont été brûlés dans l’infirmerie, leur tombe se trouve près des baraquements sur l’ancien emplacement de l’infirmerie.

La visite
Partons maintenant pour une petite visite du palace :

Au premier, 4 grandes chambres pour 38 hommes de troupes (lits superposés), une petite chambre pour les sous-officiers (8 au plus), la chambre du commandant, la chambre des officiers, l’infirmerie, la chambre des plantes (la pharmacie).

 

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Une chambre pour 38 bidasses

Les lits superposés ont été malheureusement tous enlevés par l’armée avant son départ (notre guide est en imper jaune)

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Le coffre du commandant

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Un couloir

Des graffitis témoignent du passage de nombreux soldats appelés. 10 au jus, à celui-là il ne restait plus que 10 jours avant la quille.

Au rez-de-chaussée, la forge qui permettait de fabriquer les obus, la poudrerie avec ses portes en bronze (pour éviter les étincelles), des petites fenêtres pour éclairer la salle (pas de lumières à l’intérieur, étincelles interdites à nouveau).

Du côté Est, le fort est fortifié (pas de fenêtres) par rapport au côté Ouest qui n’est pas protégé : fenêtres, moulures décoratives.

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Une meurtrière

Le fort possède 2 entrées, une basse par laquelle la route arrive et une en haut pour monter les canons.

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L'entrée basse

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Entrée basse du Fort

Des citernes de 23 000 m3 pour l’eau étaient alimentées par une source aux 3 Croix. Les citernes ont vraiment été bien faites car le niveau n’avait pas baissé depuis 30 ou 40 ans.

Superbe panorama sur la vallée de la Maurienne, la vallée de la Neuvache, les gorges de la Valloirette, la vue sur Albanne.

La vue vers le Perron des Encombres (dans les nuages) : on aperçoit les travaux du tunnel de liaison Lyon-Turin (flèche rouge).

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Vue sur le perron des Encombres

La vue sur St-Michel de Maurienne

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Saint-Michel de Maurienne

Vers Valmeinier (visibilité moyenne)

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Vers Valmeinier

Les serpentins du col du Télégraphe sont magnifiques vu du fort

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Le col du Télégraphe

La vallée de la Maurienne, vers Orelle

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Vallée de la Maurienne

Le fort a été cédé à la commune de Valloire à la fin des années 90.

Ici ça passe … ;)

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Le télégraphe du 21ème siècle

Il reste cependant des militaires dans des baraquements à l’orée du col du Télégraphe.

Les baraquements… plutôt sympathiques

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Les baraquements

En espérant que cela vous donnera l’envie de faire une petite visite à cet endroit insolite et spectaculaire.

Crédit photos Valloirin/LBG

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