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SETAZ 2012 : LE PROJET QUI VA TOUT AMELIORER SANS RIEN CHANGER

Les responsables de la SEM ont souhaité nous exposer en détail le projet Sétaz 2012, afin d’éclairer nos lecteurs –  qui représentent bon nombre d’habitués de Valloire – sur l’état du projet à ce jour… En voici donc les grandes lignes et les principaux enjeux, à vous de vous faire votre opinion, vos avis seront les bienvenus dans les pages du Forum.



Quelle Sétaz en 2012 ?


 

Une Révolution qui n’en a pas l’ « R »…

Ceux qui espéraient une révolution en seront pour leurs frais : le projet d’aménagement de la Sétaz, basé sur l’amélioration et la rénovation totale de la structure existante, ne proposera pas de grands changements. Il s’agira plutôt d’une évolution. Pour autant, ce projet, ambitieux en terme d’investissement, devrait répondre aux attentes exprimées par une partie de la clientèle et des socio-professionnels. Il améliorera durablement et sensiblement la circulation sur le domaine skiable, ainsi que le débit des remontées du massif, mais ne changera pas le plan général de l’aménagement de la Sétaz.

La quadrature du cercle

A Valloire comme dans toutes les stations, il est difficile de faire évoluer les choses en parfaite harmonie. Les bons skieurs, les débutants, les exploitants, les moniteurs – s’ils ont tous le même désir d’optimiser le domaine skiable – n’ont évidemment pas la même vision des choses. Les intérêts sont parfois  contradictoires… Doux euphémisme !

Les études en vue de cet aménagement de grande ampleur ont donc été conduites par un responsable de projet en interne, représentant le maître d’ouvrage, une commission spécifique au sein de la station (composée d’élus, de techniciens et de socio-professionnels) et d’un cabinet d’ingénieurs conseils. Elles se basent également sur une étude marketing réalisée en 2008 auprès des skieurs, et  qui faisait état de quatre points à améliorer en priorité : l’attente aux RM, le temps de transport, l’organisation des files d’attente et la densité de skieurs sur les pistes.

La contrainte d’une gestion responsable

Pour la SEM, il s’agissait également de garantir à long terme la viabilité économique de cet aménagement, en tenant compte de la capacité d’investissement de la station, des coûts financiers et d’exploitation. Le marché des sports d’hiver n’est plus en extension comme dans les années 70, et l’accent a été mis sur une position « défensive », c’est à dire : de nature à conserver les parts de marché de la station dans un environnement extrêmement concurrentiel, et sur un marché désormais stagnant ; mais aussi capable de rendre pérennes les investissements lourds qui vont être décidés.

Valloire a d’ailleurs toujours géré avec une certaine prudence son aménagement, ce qui, jusqu’ici et malgré certaines lenteurs, lui a permis de traverser des crises sans trop souffrir, comparativement à d’autres stations. « Notre rôle est de pérenniser l’outil commun, le domaine skiable, dans l’intérêt général et surtout dans la durée. Si nous partons un jour, l’entreprise commune des Valloirins, elle, doit subsister » explique Eric Dournon avant d’ajouter  « L’entreprise est issue d’une Délégation de Service Public, elle doit jouer son rôle de régulateur et de dépositaire de l’intérêt général sur le long, voire le très long terme. Et tant pis si l’on doit parfois casser les rêves ou froisser certaines susceptibilités ».

« Chi va piano va sano »


Aussi, la SEM a décidé ces dernières saisons de faire une pause en matière d’investissements lourds (après, ne l’oublions pas, la rénovation du Crey du Quart, avec une TCB8, un TSF4, et un TSD6, sans parler de l’extension du réseau d’enneigeurs et la construction d’une retenue collinaire) afin de se donner le temps de la réflexion pour une vision plus globale du projet Sétaz. Pendant ce temps, les skieurs que nous sommes trépignent au pied de Cornafond et dans la queue de la Sétaz 2, mais toujours selon la SEM, « l’investissement dispersé au coup par coup sur plusieurs saisons sans schéma directeur aurait pu nuire à la réalisation d’objectifs globaux et concertés ». La rénovation du Crey du Quart dans les années 90 – qui a dû être revue et corrigée quelques années après une première phase – plaide en faveur de cette prudence.

Les 5 priorités

Ainsi, après étude du dossier, cinq priorités ont été dégagées :

  1. Remplacement des RM vieillissantes et offrant un débit insuffisant,
  2. Prise en compte de l’hétérogénéité du niveau de ski de la clientèle
  3. Amélioration des liaisons entre les massifs (Crey du Quart/Sétaz/Verneys)
  4. Amélioration de la fluidité des déplacements des skieurs aux points stratégiques
  5. Amélioration des zones réservées aux débutants sur le massif

…Et pourquoi pas deux télésièges débrayables ?

C’est clair qu’on s’habitue vite à ces choses-là. Confort, débit, et surtout rapidité : le TSD6 est la coqueluche du skieur… Nous sommes nombreux parmi les utilisateurs du domaine à avoir rêvé d’un TSD6 à Cornafond, permettant d’avaler plus de 600 m de dénivelé skiable jusqu’au sommet, sur un domaine dédié au Grand Ski. Mais le choix a été fait d’implanter cette remontée performante plutôt sur la Sétaz 2, et de conserver ainsi la structure classique du Massif, sur son arête. Il a fallu également penser aux débutants – qu’on a d’ailleurs rarement oubliés à Valloire – afin qu’ils puissent eux aussi relier la Sétaz par le haut et non pas seulement par la télécabine…

Alors pourquoi pas deux TSD6, histoire de contenter les uns et les autres ? « Si on savait faire marcher la planche à billets, tous les télésièges de Valloire seraient des 6 places débrayables ! » s’exclame François Debroux. « La réponse est simple : le montant des investissements (le double d’un télésiège fixe classique) et les coûts d’exploitation et de maintenance pour un TSD6 sont trop importants relativement à notre capacité d’autofinancement ou d’emprunt ». Il a fallu également tenir compte d’une autre contrainte imprévue : le télésiège des Verneys devra être remplacé dans deux ans pour cause de mise aux normes. Obligation d’investir là aussi, et vite. Ainsi, dans son projet, la SEM a dû modérer les ardeurs et les envies des uns et des autres pour un atterrissage en douceur vers un projet plus raisonnable, qui, selon elle, sera supportable à long terme pour les finances de l’entreprise, mais aussi de nature à sauvegarder l’efficacité du  produit « Domaine Skiable » vis à vis de la clientèle de Valloire.

CE QUI VA CHANGER


infographie : SEM Valloire


  • CORNAFOND

Télésiège fixe 4 places en remplacement du téléski de Cornafond, arrivant plus haut (deux options pour l’arrivée, l’une avec plus de dénivelé, permettant de prendre directement la noire de la Cascade, l’autre permettant de faire la liaison vers les Verneys ou Sétaz 2 un peu plus rapidement avec un temps de transport un peu plus court.

Télésiège à vocation principale « de liaison », ou de « ski propre » ? Le débat n’est pas tranché.

  • VERNEYS

Télésiège fixe 4 places avec tapis d’embarquement en remplacement du vieux 3 places à bout de souffle.

Gare de départ rabaissée, plus près de la passerelle, et arrivée au même endroit, alors qu’une desserte sur la butte au dessus avait été étudiée pour permettre aux skieurs de se rendre sur le versant Cornafond sans emprunter la célèbre verte. Ca ne sera pas le cas.

  • SETAZ 2

Télésiège 6 places débrayable en remplacement de notre bonne vieille Sétaz 2, qui partira de l’actuel télébaby, à côté de l’actuel 4 places de Thimel, sous le restaurant, et qui arrivera beaucoup plus haut : environ à la moitié du troisième tronçon, sous le mur de la perdrix, à la hauteur du virage du téléski actuel. Panorama assuré, mais tant pis pour l’accès au célèbre Hors Piste du couloir des Chamois : il faudra marcher un peu plus car le téléski du 3ème tronçon sera démonté.

  • THIMEL

Tapis roulant pour les débutants sur la zone actuellement occupée par le départ de notre bonne vieille Sétaz 2… D’ailleurs, la zone de Thimel, ainsi libérée du flux des bons skieurs déviés sur le Blaireau deviendra une véritable zone dédiée aux débutants. Un vrai bonheur : il faut dire que la cohabitation entre les bons skieurs descendant de la Sétaz et les serpentins de Schtroumphs sur le plateau de Thimel devenait difficilement gérable et surtout dangereuse. Mais ne rêvez pas : tout sera fait pour que les débutants puissent quand même accéder au deuxième tronçon de la Sétaz. L’idée d’un secteur plutôt réservé aux bons skieurs n’est pas dans l’esprit de Valloire.

  • PLATEFORME DES DISEURS (CORNAFOND/MONTISSOT)

Surélévation de la gare de départ du télésiège de Montissot. Une véritable plateforme sera créée à l’embarquement des deux télésièges, au même niveau, pour éviter le croisement de la verte, du bas des selles, et de ceux qui slaloment entre les gens pour parvenir jusqu’au télésiège de Montissot. Elle devrait pencher suffisamment pour ne pas laisser les surfeurs en rade…


infographie: SEM Valloire


  • CROISEMENT SETAZ ROUGE/SETAZ BLEUE

Evidemment, ces aménagements vont faire de la Sétaz Bleue une piste de liaison importante et très fréquentée, qui croisera la rouge … Un tunnel, ou un passage surélevé est à l’étude pour éviter les problèmes de fluidité et les accidents.


Infographie: SEM Valloire


  • RÉFECTION DES PISTES

Le Blaireau, le bas de la Cascade, la rouge des Verneys, la Sétaz bleue et le Choucas seront retravaillées, élargies et parfois détournées de leur emplacement actuel pour éviter les croisements, permettre l’absorption d’un débit plus important de skieurs et aussi, il ne faut pas l’oublier…pour  skier en se faisant plaisir !…

  • SETAZ 1

La rénovation des cabines de la Sétaz 1. Toujours 6 places, mais face à face pour faciliter le remplissage, et donc le débit. Ca n’ira pas plus vite, mais au moins, on pourra se parler ! …D’ailleurs merci, le plan incliné pour l’accès : c’était tout simple mais il fallait y penser.

  • NEIGE DE CULTURE

Enneigement de culture sur le Choucas et le Blaireau, et la Sétaz Bleue. Et ça n’est pas une mince affaire, la capacité de production restant la même, il faudra aussi nécessairement arbitrer la production de neige de culture sur le domaine, par exemple en faisant des choix stratégiques et non pas d’image… En clair : moins de neige en bas – sauf pour les nécessaires retours station – et plus en haut ? Là aussi, les habitudes ont la vie dure.

L’aménagement de la Sétaz aura aussi une autre conséquence visible et appréciable pour les touristes que nous sommes : le doublement des débits des remontées sur ce vieux massif historique devrait libérer le Crey du Quart de son encombrement chronique. C’est donc l’ensemble du domaine skiable de Valloire qui deviendra plus agréable à skier.


Le calendrier prévisionnel

Le calendrier est également réparti sur plusieurs saisons. Mais dès Noël 2012, la Sétaz aura déjà changé.

  • Tranche 1 : Noël 2012

Télésièges de Cornafond et des Verneys, ainsi que la réfection des pistes concernées. Neige de culture sur ces sites en 2013.

  • Tranche 2 : Noël 2013

TSD6 Sétaz 2, réfection cabines Sétaz 1, pistes concernées, et neige de culture sur ces sites en 2014.

Tapis débutant à Thimel, terrassement du plateau, et neige de culture sur ce site en 2013.

COÛT TOTAL DE CES AMENAGEMENTS : 18.650.000 Euros.


…Et ensuite ?

Et bien après, il faudra s’attaquer au « dernier » point noir du domaine : le secteur Colérieux / Grand Plateau, sur-saturé et bien agréable, ceci expliquant cela.

Notre Troisième TSD6 Valloirin pourrait voir le jour sur le Grand Plateau en remplacement du téléski éponyme ET du télésiège  fixe 3 places de Colérieux.

Là, un nouveau domaine skiable sur le versant des Selles/Mérégers pourra être aménagé, et un retour sur le secteur de Château Ripaille pourra se faire grâce à un tapis roulant permettant aux skieurs de remonter la butte qui les séparera, au Col de Colérieux, de la piste Crocus qui mène au versant Valloire du crey du Quart.

Une idée plutôt originale pour régler le problème de débit sur ce versant avec une seule grosse remontée plutôt que deux, la liaison étant assurée avec un tapis roulant plutôt qu’avec une remontée lourde, sur les quelques mètres de dénivelé seulement qui séparent un versant de l’autre à partir du Col de Colérieux.

Ajoutez à cela le reprofilage des Lutins (mine de rien, c’est 1.000.000 d’euros sans compter un éventuel passage en neige de culture !) et vous allongez la note à plus de 26.000.000 d’euros…Mais il faudra attendre sans doute 2018.

…Et espérer de bien bonnes saisons d’ici là.


Laurent Guillaume


Les remontées mécaniques de Valloire-Valmeinier

intro

Du haut de ses 33 remontées mécaniques et de ses 150 km de pistes, le domaine skiable de Valloire-Valmeinier est le deuxième domaine skiable de Maurienne, et le premier pour le chiffre d’affaires.

Depuis 1937, date de la première remontée mécanique à Valloire, la station a joué un rôle de locomotive pour la vallée.

Voyons en détail où en est le domaine skiable aujourd’hui en terme de remontées mécaniques…

Tout d’abord quelques statistiques, puis le descriptif détaillé de toutes les RM, et enfin un petit palmarès des RM …

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